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Encres de tatouage & étude ECHA : Quelques réponses !

Encres de tatouage & étude ECHA : Quelques réponses !

Le 8 août 2018, les médias relaient l'annonce d'une étude menée par l'ECHA (European Chemicals Agency = Agence européennes des produits chimiques).
La plupart des articles disponibles se font écho d'un discours suscitant souvent un certain malaise, comme c'est le cas habituellement dès lors qu'il s'agit de se focaliser sur la composition des encres de tatouage.

Voici quelques éléments susceptibles de répondre aux questions ou aux inquiétudes exprimées par certains d'entre vous, tatoués ou tatoueurs, suite à la lecture de titres alarmistes tels que "Le danger des encres pour tatouage", "L'encre des tatouages contient des substances cancérigènes", "Cancer, mutations génétiques... Les encres de tatouage peuvent contenir des substances toxiques", "Des substances cancérigènes dans l'encre à tatouage ? Les révélations choc d'une étude européenne", "Se faire tatouer n'est pas sans danger : des encres contiennent des substances cancérigènes", "Le danger des encres pour tatouage", "Les tatouages sont-ils cancérigènes ?"...

1° Il n'y a rien de nouveau : L'étude de l'ECHA est connue et publique depuis 2016

Comme évoqué par le SNAT en 2016, c'est suite à un rapport du JRC (Joint Research Center, ou CCR en français : Centre Commun de Recherche) sur la sécurité des encres de tatouage que la Commission Européenne mandate l'ECHA pour évaluer la nécessité de restreindre certaines substances entrant dans la composition des produits de tatouage.
L'Agence lance alors un 1er appel à contributions fin 2016, puis en 2017 un 2d appel à l'attention des fabricants d'encres : Enfin, début 2018, elle ouvre une consultation publique à l'échelle européenne, ouvert à tous.
L'annonce relayée cet été 2018 ne constitue donc aucunement une nouvelle en soi, puisque nous attendons l'aboutissement de cette étude amorcée il y a déjà deux ans.

2° L'étude de l'ECHA vise à répondre au manque d'informations précises sur les encres

Avec l'augmentation toujours croissante du nombre de tatoués et d'amateurs potentiels dans les années à venir, il est plutôt logique que les instances européennes souhaitent pouvoir évaluer et anticiper les risques potentiels des substances contenues dans les encres - dont la composition évolue sans cesse - pour la santé humaine, afin d’examiner la nécessité de restreindre leur utilisation à l’échelle de l’UE, poussant ainsi l'ensemble des fabricants européens à harmoniser ces restrictions.
Dans son analyse, l’ECHA étudie non seulement les risques pour la santé humaine, mais aussi la disponibilité d’alternatives plus sûres. Les incidences socio-économiques de la restriction de leur utilisation, par exemple sur les emplois et le secteur, sont également analysées.
Le SNAT suit avec attention le sujet par le biais de nos instances nationales, à savoir la DGS (Direction Générale de la Santé), qui coordonne elle-même les retours faits par l'ANSM et l'ANSES.

3° Certaines substances font l'objet d'une attention particulière

Sans surprise (et ce n'est pas une nouveauté 2018 !), les travaux de l'ECHA se focalisent notamment sur les substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, ainsi qu'aux substances sensibilisantes.
Ces termes pouvant aisément provoquer une inquiétude légitime chez les personnes tatouées ou qui souhaitent se faire tatouer, on "comprend" l'attrait des médias à alarmer sur ces notions (voir plus haut).
Si certaines de ces substances sont sans doute à écarter à terme des produits, il faut rappeler qu'il n'existe aucun lien constaté entre cancer et tatouage.
Les allergies restent assez rares, sans gravité, et constituent le problème le plus récurrent, il convient donc d'améliorer les produits pour réduire ce risque allergique.
Notez également que le détatouage au laser est une procédure qui décompose les pigments et les autres substances en particules plus petites : Ces particules sont susceptibles de libérer des substances chimiques nocives, rendant potentiellement l'action de détatouage plus nocive que le tatouage lui-même. Un constat qui renforce l'importance de rappeler le caractère définitif du tatouage !

4° La restriction est soumise au vote des pays européen et à l'examen du Conseil européen

Avant ce vote, l'ECHA doit d'abord formuler un avis définitif (septembre 2018), qui sera publié sur son site web et envoyé à la Commission européenne, qui elle-même décidera, dans un délai de 3 mois, de restreindre ou non l’utilisation des produits chimiques.
Si la décision est favorable à une restriction, elle entrera en vigueur à la suite de consultations avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d'un vote des États membres de l’UE et d'un examen minutieux du Conseil européen et du Parlement européen.
Il va donc nous falloir montrer encore un peu de patience...

5° Quelques réponses aux questions suscitées par les médias

QUE CONTIENNENT LES ENCRES DE TATOUAGE ?

On lit parfois qu'un tatoueur devrait pouvoir décrire les substances chimiques contenues dans ses encres. En pratique, et tant que l'actuelle réglementation n'est pas actualisée, votre tatoueur n'a guère d'autre pouvoir à son niveau que d'utiliser des produits conformes, notamment en se fournissant auprès de distributeurs français tenus aux règles en vigueur.
La France fait partie des pays bénéficiant déjà d'une règlementation nationale (conforme aux recommandations européennes depuis 2008).
Ainsi, chaque distributeur français commercialise exclusivement des encres conformes à la  ResAP(2008)1 ou certifiées par le fabricant auprès d'un laboratoire indépendant comme le CTL (Chemical Technological laboratory). Les certificats de conformité sont généralement disponibles en consultation publique ou, à défaut, sur simple demande.
L'étiquetage de chaque produit répond lui aussi à des règles précises, assurant une traçabilité individuelle du flacon, et permettant un éventuel rappel en cas d'alerte sanitaire.
Le distributeur doit aussi vérifier que chaque pigment (CI) mentionné sur chaque flacon n'est pas interdit ou restreint, auquel cas il peut écarter le produit de son catalogue.
Il est évidemment tenu de s'assurer du retrait et/ou du rappel immédiat de toute encre en cas d'alerte sanitaire, et d'en tenir un rapport précis.
Enfin, chaque distributeur identifié fait l'objet d'un contrôle annuel de la DIRRECTE, et le cas échéant de contrôles inopinés.
# Pour en savoir plus : "Noir, rouge, bleu, vert, jaunes..."

QUELLES ENCRES ONT DÉJÀ ÉTÉ SIGNALÉES COMME PRÉSENTANT DES RISQUES ?

Le RAPEX (Système d'alerte rapide sur les produits dangereux) permet un échange rapide d'informations entre 31 pays européens sur les produits non alimentaires dangereux présentant un risque pour la santé et la sécurité des consommateurs.
Toute personne a la possibilité de vérifier sur la base RAPEX quelles encres ont été signalées comme présentant de graves risques dans le passé, ou à défaut de contacter l'agence nationale chargée d’appliquer la législation sur les substances chimiques et les encres de tatouage.

LES ENCRES DE MON TATOUEUR RESPECTENT-ELLES LE RÈGLEMENT REACH ?

Il est souvent mentionné qu'un tatoueur doit acheter ses produits auprès d'un fabricant ou d'un fournisseur qui respecte le règlement REACH (= Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals).
Ce règlement européen s'applique à la mise sur le marché des produits sur le territoire européen et impose des conditions ou exigences spécifiques selon la nature des produits, et dans certains cas peut les interdire en Europe.
Dès lors que le tatoueur utilise des encres de tatouage auprès d'un distributeur français identifié, ou à défaut d'un distributeur européen garant du respect des règles européennes, son distributeur peut assurer leur conformité au REACH.
Toute personne qui s'approvisionne hors distribution européenne, via Internet par exemple, auprès de pays asiatiques notamment, devient de fait lui-même importateur : Ainsi, tout tatoueur, professionnel ou clandestin, se fournissant auprès de réseaux non professionnels, utilise inévitablement des produits non conformes, exempts de toute exigence ou restriction sur les substances contenues. CQFD.

DOIT-ON CONSERVER UNE TRACE DES ENCRES UTILISÉES ?

Il n'existe pas d'obligation formelle à ce jour : Conserver une trace écrite de l’encre de tatouage utilisée peut se révéler utile en cas de réaction ou d'effet indésirable suivant la réalisation d'un tatouage.
# Pour en savoir plus : "Que faire en cas de réaction suite à un tatouage ?"

>>> Ce qu'il faut retenir <<<

En l'absence de risque avéré pour la santé, et dans l'attente d'un actualisation de la réglementation :

  • Adressez-vous exclusivement à des professionnels identifiés et déclarés à l'ARS
  • Fuyez les tatoueurs clandestins (et/ou qui proposent de vous tatouer à domicile)
  • Les premiers seront toujours présents pour vous accompagner et répondre à vos questions ; Les seconds oeuvrent avec des produits de mauvaise qualité, et ne peuvent assurer aucun suivi ni aucune traçabilité de leurs encres.

(c) www.snat.info

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